Une nouvelle ère voit le jour au Canada : les consommateurs seront bientôt en mesure de transmettre leurs données financières en toute sécurité à des tierces parties autorisées, telles que des sociétés de technologies financières, des plateformes numériques, des détaillants et de nouvelles catégories, ce qui donnera naissance à des occasions, dont certaines sont entièrement nouvelles. Les services bancaires ouverts donneront le ton à ces changements.
Au Canada, la loi qui permet l’établissement d’un système bancaire ouvert est entrée en vigueur en mars 2026. Il y a encore des étapes à réaliser avant que ce système devienne une réalité de tous les jours (par exemple, le système de paiement en temps réel doit être fonctionnel). Cela dit, quand les changements commenceront à se manifester, ils seront rapides.
Nous avons observé la mise en œuvre de versions de ce système ailleurs — en Inde et au Brésil, entre autres — et la formule est toujours la même : quand les systèmes de paiement entrent en fonction, le changement n’est pas graduel, il déboule.
Pour les commerçants du Canada, la question n’est pas de savoir si les services bancaires ouverts modifieront le paysage des paiements, mais de déterminer s’ils seront prêts en vue de leur arrivée. Les entreprises devraient se poser la question suivante dès maintenant : sommes-nous prêts? (Et quels sont les risques de ne pas l’être?)
L’expérience des consommateurs à l’égard du consentement, du contrôle, de la sécurité et de la confiance déterminera les organisations qui se démarqueront dans cette nouvelle ère. Alors que nous bâtissons Konek, la nouvelle façon de payer en ligne au Canada, propulsée par Interac et soutenue par les principales institutions financières du pays, cet enjeu demeure au cœur de nos préoccupations.
Prêt à accepter des paiements avec Konek?
Communiquez avec un spécialisteQu’est-ce qu’un système bancaire ouvert?
Un système bancaire ouvert permet aux consommateurs et aux PME de transmettre en toute sécurité leurs données financières, dont les renseignements sur leurs comptes, l’historique de leurs transactions, leur profil de dépenses et autres, à des fournisseurs approuvés par l’intermédiaire de systèmes API standardisés. Il remplace des solutions plus risquées, telles que la capture de données d’écran (en vertu duquel les utilisateurs transmettent leurs identifiants bancaires à des applis tierces), à l’aide de connexions sécurisées et fondées sur le consentement.
Un service bancaire ouvert permet aux consommateurs et aux PME de transférer leurs données en toute sécurité entre des fournisseurs de services financiers (et autres), ce qui peut faciliter l’accès à des produits de services financiers qui répondent à leurs besoins. Les consommateurs et les PME contrôlent qui peut voir leurs données financières en accordant et en révoquant l’accès à ces dernières.
Sous la tutelle de la Banque du Canada, qui a pris en charge ce système auprès de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada à la fin de 2025, le gouvernement a établi une feuille de route ferme en deux étapes. La première, qui a essentiellement commencé quand la Loi sur les services bancaires axés sur les consommateurs a obtenu la sanction royale (mais, nous le répétons, ne peut pas réellement débuter avant le lancement du système de paiement en temps réel), permet l’accès en lecture des données. La seconde (prévue en 2027) introduit l’accès en écriture, qui permettra aux consommateurs d’amorcer des paiements et de changer de compte.
Bien que le Canada accuse un retard sur bon nombre de ses homologues dans le lancement d’un système bancaire ouvert, il détient certains avantages naturels qui l’aideront à rattraper le temps perdu, dont une infrastructure robuste, de nombreuses entreprises bien établies et un niveau de confiance de base élevée dans les institutions financières. Puisque les services bancaires ouverts rendent les expériences des clients plus numériques et moins tributaires de contacts en personne dans les succursales bancaires, il y a un risque que la confiance s’amenuise, et ce, même si l’institution financière demeure en place.
Ainsi, l’enjeu consiste à concevoir des expériences qui permettront à la confiance manifestée aux institutions financières et à leurs produits de perdurer et de se maintenir dans des environnements entièrement numériques, automatisés et fondés sur les données.
Les facteurs gagnants? Le consentement, le contrôle, la sécurité et la confiance
Le maintien de la confiance des consommateurs est l’un des facteurs clés à garder à l’esprit au moment de concevoir des expériences à leur intention. À mon avis, ce facteur déterminera les sociétés qui sauront tirer leur épingle du jeu au sein d’un système bancaire ouvert.
Ceux d’entre nous qui ont participé à la conception des produits pourraient être tentés de se concentrer sur l’expérience utilisateur. Or, selon ma vingtaine d’années de carrière dans l’industrie, ce sont souvent de meilleures démarches d’accueil et d’intégration, une meilleure fluidité et de meilleurs processus qui favorisent la réussite d’un produit.
Quand toutes les entreprises offrent une excellente expérience utilisateur, ce facteur cesse de les différencier les unes des autres. Il devient une exigence, un facteur d’ambiance; il est essentiel, mais pas suffisant. Quand tout le monde offre la commodité, son importance s’estompe.
En matière de services bancaires ouverts, la question ne réside pas dans la décision de faire appel à un service ou non; elle va plus loin. En fait, nous demandons aux consommateurs d’agir d’une façon fondamentale différente. Nous leur demandons d’ouvrir l’accès à leur vie financière. Quand on demande aux consommateurs de transmettre leurs données financières, des facteurs tels que le contrôle et la sécurité sont naturellement propulsés à l’avant-plan.
Quand la confiance des consommateurs
est-elle gagnée ou perdue?
Il y a quatre moments critiques :
1
Consentement
Demande d’accès : C’est avec transparence et respect que vous gagnez l’acceptation des consommateurs. Une case à cocher peut mettre fin à cette acceptation sur-le-champ.
2
Transparence
Les consommateurs le remarquent quand leurs données sont utilisées. Le silence crée le doute; des explications créent un climat de confiance.
3
Échec
Quand les choses se gâtent, le rétablissement rapide de la situation et l’acceptation de votre part des responsabilités favorisent la loyauté des consommateurs. Les tentatives de détourner l’attention de ces derniers la détruisent.
4
Contrôle
Les gens doivent sentir qu’ils ont la capacité d’agir. Un contrôle visible est important, même s’il est rarement utilisé.
Je vais vous donner un exemple. Tôt dans ma carrière, je faisais partie d’une équipe qui créait un système appelé à devenir, selon notre vision, un assistant numérique véritablement intelligent. Autrement dit, il n’allait pas se contenter de répondre à des questions, mais il agirait au nom de son utilisateur dans le monde. Ce système allait tellement bien comprendre les préférences et le comportement de ce dernier qu’il pourrait anticiper ses besoins avant même que ceux-ci soient articulés.
À l’interne, nous avons surnommé ce système le « parfait majordome » : un assistant fiable, presque invisible, et capable de faire preuve de jugement, de discrétion et d’autonomie. Son utilisateur n’aurait à lui fournir aucune instruction détaillée : il lui ferait tout simplement confiance pour poser les bons gestes et ne commettre aucune erreur.
En pratique, il s’agissait de tâches concrètes, telles que la réalisation d’achats, la gestion des besoins du ménage et la prise de rendez-vous. Le système promettait de réduire les sources d’irritation de la vie quotidienne et de les remplacer par une solution pratique et fluide.
L’exécution technique était prometteuse, comme l’a aussi été la réaction des consommateurs lorsque nous avons mis le concept à l’essai. Qui refuserait les services d’un assistant automatisé?
Or, quand l’assistant est devenu fonctionnel, c’est-à-dire quand il a commencé à prendre des décisions et à agir sans l’approbation explicite de son utilisateur à toutes les étapes, les choses ont changé. Les gens ont commencé à se sentir mal à l’aise. Ce sentiment d’inconfort ne découlait pas du fait que les résultats étaient négatifs, car les décisions étaient excellentes dans de nombreux cas, souvent meilleures que celles que les utilisateurs auraient prises par eux-mêmes. Le problème résidait dans le contrôle.
Le fait de confier leurs décisions à une machine a créé un malaise chez les gens. Nous l’avons constaté directement dans leur comportement : les gens ont commencé à fixer des limites de dépenses strictes. Ils ont désactivé des fonctions qu’ils avaient désirées au départ. Ils ont insisté sur une étape de confirmation que nous avions cru inutile.
Ce ne sont pas les capacités que nous avions sous-estimées, c’est la confiance.
La leçon à en tirer : les gens veulent se sentir en contrôle des tâches réalisées en leur nom; ce facteur l’emporte sur la commodité.
« Les gens veulent se sentir en contrôle des tâches réalisées en leur nom; ce facteur l’emporte sur la commodité. »
Je suis convaincu que cette notion peut s’étendre aux services bancaires ouverts, où l’obtention du consentement doit être claire et explicite, et où les mesures de protection doivent être tangibles. Cela dit, la dynamique psychologique pourrait demeurer problématique.
C’est pourquoi les entités canadiennes devraient donner priorité à l’expérience de consentement, pour que les consommateurs comprennent le traitement de leurs données et obtiennent des garanties à l’égard de la sécurité et du consentement. Les meneurs ne seront pas ceux qui offrent le plus grand nombre d’options, mais ceux à qui les gens feront le plus confiance.
La perspective de Konek
À mon avis, la différentiation véritable au sein du marché se trouve au plus profond de nous-même. Elle découle du contrôle, de la sécurité et de la confiance que je viens de mentionner. C’est pourquoi, avec Konek, nous bâtissons une solution qui offrira aux détaillants en ligne un avantage réel au fil du temps.
« À Konek, nous ne concevons pas seulement un système qui chapeaute l’infrastructure des institutions financières. Nous créons une solution qui y est profondément intégrée. Cette distinction est importante. »
Aujourd’hui, notre objectif consiste à améliorer l’expérience de paiement en ligne des consommateurs. Avec Konek, ceux-ci authentifient leur identité auprès d’une institution financière participante, ce qui contribue à la réduction des irritants et réduit les faux refus, source majeure, mais souvent invisible, de diminution du taux de conversion dans le domaine du commerce électronique, et qui convainc davantage les consommateurs que leur argent et leurs données sont adéquatement protégés.
Cela dit, le processus de paiement en ligne n’est que la pointe de l’iceberg.
Nous ne concevons pas seulement un système qui chapeaute l’infrastructure des institutions financières. Nous créons une solution qui y est profondément intégrée. Cette distinction est importante. Elle permet d’offrir un avantage qui n’est pas seulement pratique, mais qui, par sa conception, est également sécuritaire, fiable et digne de confiance.
Au fil du temps, vous constaterez les façons dont nous prévoyons mettre systématiquement à profit cette position pour accroître davantage la confiance dans des contextes où elle est actuellement insuffisante et pour l’intégrer directement à l’expérience produit, d’une manière qui suscite une réelle préférence chez les clients. Nous croyons être bien placés pour offrir aux commerçants une expérience de paiement qui donne aux consommateurs un sentiment de contrôle et de sécurité et, en fin de compte, la confiance qu’ils recherchent.
Les commerçants qui agissent dès maintenant, avec les bons partenaires, détiendront un avantage structurel qui ne sera pas facile à reproduire. Pourquoi? Parce que la confiance n’est pas qu’une caractéristique des paiements : c’est la fondation sur laquelle repose la totalité des interactions financières.
En effet, les consommateurs se demandent de moins en moins quelle est l’option la plus pratique, mais plutôt quelle est l’option la plus fiable et sécuritaire qui offre aussi le plus de contrôle.